Qu’est-ce que l'alphabétisation populaire?

Pour bon nombre d'adultes désirant renouer avec l'écrit, entreprendre une démarche d'alphabétisation n'est possible que dans le cadre non formel proposé par les groupes populaires qui sont à la fois des milieux de formation et des milieux de vie. Les adultes peu alphabétisés de toutes origines y trouvent donc un milieu adapté à leur réalité et répondant à leurs objectifs quels qu'ils soient, et ce, dans le respect de leur rythme d'apprentissage. En plus de poursuivre une démarche d'alphabétisation, ces adultes contribuent à la réalisation de la mission éducative et sociale des organismes, soit de lutter contre l'analphabétisme, la pauvreté et l'exclusion.

L’alphabétisation populaire, c’est :

Un apprentissage basé sur le vécu concret des adultes, sur une bonne connaissance de leurs milieux de vie et un apprentissage adapté à leurs besoins.

Un apprentissage dont l’objectif est de permettre à chacun et à chacune de devenir sujet, de se construire comme personne, en développant une capacité d’analyse critique afin d’agir sur son milieu.

Une approche collective qui intègre les participantEs dans une démarche de groupe, en vue de réaliser des projets et d’exprimer des revendications.

La reconnaissance du langage, de la culture et des valeurs des milieux populaires.

Une alternative au réseau et au milieu scolaire.

Selon l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA , 2003) :

1. La pauvreté

  • Les adultes peu alphabétisés ont plus de difficultés à obtenir un emploi et à le conserver
  • Plus de la moitié des adultes de 16 à 65 ans qui ont un revenu inférieur à 20 000 $ par année se situe aux niveaux les plus bas d’alphabétisme.
  • Ils sont souvent exclus du marché du travail, subsistent alors de l’aide sociale[1]. Mois.
  • Une personne seule reçoit moins de 600$ par mois de l’aide sociale. On comprendra que ce montant est nettement insuffisant pour vivre décemment et répondre à ses besoins essentiels ainsi qu’à ceux de sa famille : logement décent et nourriture.

2. L'exclusion sociale est une participation citoyenne très limitée ou pas du tout présente :

Il est important de soulever que l’analphabétisme et ses conséquences se reproduisent et se transmettent de génération en génération, car les enfants des personnes peu alphabétisées sont plus à risque de se retrouver dans la même situation.

Vivre dans des conditions économiques difficiles amène l’isolement. Dans une société où on accorde de plus en plus d’importance à la communication écrite, et ce, dans tous les champs d’activités. Plus que jamais, les écrits prennent forme dans des environnements numériques plus que complexes!

Une personne peu alphabétisée ou analphabète perd ses repères et ne peut:

  • Connaître ni ses droits ni les défendre;
  • Voter en toute connaissance de cause aux différents paliers gouvernementaux;
  • Vérifier et comprendre le contenu d’une facture, d’un bail ou d’un contrat;
  • Lire et signer un document, une entente, un formulaire, un bail, etc.

L’analphabétisme,

des coûts sociaux et économiques importants :

Le problème de l’analphabétisme ou de la faible littératie au Québec engendre des coûts sociaux et économiques importants. Bien que les conséquences de l’analphabétisme se fassent sentir, d’abord et avant tout, dans la vie des individus peu ou pas alphabétisés et de leur famille, les coûts engendrés par ces difficultés rejaillissent sur l’ensemble de la société. Au Québec, les coûts relatifs à l’analphabétisme sont estimés annuellement à plus de 7 milliards de dollars canadiens, soit 2 % de son produit intérieur brut (PIB) (World Literacy Foundation, 2015, p. 8). Une intervention vigoureuse de l’État et de l’ensemble de la société s’avère donc nécessaire et urgente. D’ailleurs, élever le niveau d’alphabétisme de la population génère des bénéfices.

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Les personnes ayant des compétences très faibles en littératie sont plus susceptibles de déclarer une mauvaise santé. (Bernèche, 2015)

3. Les problèmes de santé physique et mentale

Trois personnes sur dix ayant de grandes difficultés de lecture se déclarent en bonne santé, comparativement à sept personnes sur dix avec une bonne capacité de lecture.

Le manque de connaissances de base et le vocabulaire restreint rend complexe la communication avec les professionnels de la santé, ce qui se traduit par une prise en charge inadéquate de leur santé et une espérance de vie moindre.

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